Compagnie des Gens.
Créé en 1997 et joué plus de 150 fois depuis sa création, « L’Enfant » a rencontré partout un grand succès populaire en France et en Egypte. Trois décennies plus tard, Jacques Senelet a décidé de reprendre la route avec une version intimiste de ce texte, dans un format désormais plus proche du conte, sans décors ni artifices, en face à face direct avec le public.
Roman autobiographique de Jules Vallès dédié « …à tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège, qui furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents… » L’Enfant est le premier volet de sa trilogie qui comprendra par la suite Le Bachelier et L’Insurgé. Réfractaire, rebelle, insurgé, briseur d’idoles et de tabous, haï par bon nombre de ses contemporains pour son engagement sans faille aux côtés des opprimés et condamné à l’exil à cause de sa participation à la Commune, Jules Vallès voit aujourd’hui son génie reconnu et d’aucun(ne)s lui vouent un culte reconnaissant et fraternel. C’est mon cas. Ce long compagnonnage, cette complicité, je n’ose pas dire cette amitié avec Jacques Vingtras m’a permis de faire entendre sa parole à des publics multiples – scolaires, ruraux, urbains, étrangers, jeunes, vieux… dans plusieurs configurations scénographiques et dans des lieux aussi différents que des salles de théâtre, dans la grange même ou Vallès jouait enfant sur les plateaux du Mézenc, dans l’ambiance particulière Egyptienne de Port-Saïd, d’Alexandrie et du Caire…
Si cent cinquante ans après sa parution, l’autobiographie romancée de Jules Vallès n’a rien perdu de son attrait, de sa puissance évocatrice, encore faut-il la faire entendre aux « gens » d’aujourd’hui, aller sur le terrain, raconter en toute simplicité la geste tragico-comique de ce môme en lutte contre le monde mesquin de la France du dix-neuvième siècle, étouffant sous les conventions, de ce gamin écorché qui gratte ses plaies avec dérision, parfois avec une délectation proche du masochisme, mais aussi avec une profonde tendresse et un humour au scalpel.
C’est dans ces moments de rencontre avec le public que l’on prend conscience du caractère universel du texte, chacun, chacune peut s’identifier au jeune Vingtras, ressentir et partager ses peines, sa rage, ses joies fugaces, sa révolte aussi.
Jacques Senelet souhaite transmettre l’admiration qu’il porte à cette œuvre au plus près des gens, sans qu’aucun obstacle matériel, logistique ou financier n’empêche sa réalisation.
Un chapeau circulera à l’issue de la représentation qui ira directement à l’artiste sans autre forme de rémunération afin que chacun puisse participer à hauteur de ses possibilités.